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humoristiques
Enquête
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Les ouvriers
provençaux au 19 ème siècle
Règlement intérieur Mines de
l'Est
Règlement intérieur 1889
Règlement intérieur Filature
Les ouvriers provençaux au 19
ème siècle
La vie quotidienne des ouvriers provençaux
au 19ème siècle, Lucien Gaillard, Hachette, 1981
Extraits p. 130.
" La faim est le lot quotidien de tous ceux qui ont le
malheur de travailler dans les industries qui périclitent
tels les tisserands du Vaucluse qui, à partir de 1843,
gagnent 0.90 francs par jour à Avignon et 0.60 à
Orange alors que le kilo de pain coûte 0.40 francs. Leur
misère est si grande qu'ils n'ont même plus la force
de se révolter et nombreux sont ceux qui préfèrent
la mort à cette vie inhumaine. L'Echo du Vaucluse titre
le 9 octobre 1828 : " nombreux suicides dans la classe ouvrière
" et l'Echo de Valréas en voit la cause en 1833 non
dans la misère mais " dans cet esprit de désespoir
qui travaille les classes inférieures de la société,
maladie morale à laquelle la religion peut seule porter
remède ". Pire encore sont les métiers qui
lentement ruinent la santé de ceux qui les pratiquent tels
les fondeurs de plomb (plus de 500 à Marseille) que guette
le saturnisme. Presque tous sont des italiens, comme le sont les
ouvriers de la soude qui se regroupent en villages hétéroclites
autour des fabriques que l'insalubrité contraint à
s'établir hors de la ville. Dans les arides collines de
l'extrémité sud du territoire marseillais où
celles-ci se cantonnent, ils sont 1800 qui brûlent leurs
poumons à respirer les vapeurs caustiques issues de l'action
de l'acide sulfurique sur le sel marin. Plus terrible encore est
le sort de ceux qui travaillent " au rouge " (Minium
: pigment rouge orangé obtenu par oxydation du plomb fondu).
Cette manipulation est si meurtrière, qu'après quelques
mois, l'ouvrier le plus vigoureux n'est plus que l'ombre d'un
homme et doit entrer à l'hôpital " d'où
il sort rarement sur ses pieds de sorte que les fabricants de
l'Estaque font peau neuve quatre ou cinq fois l'an ". Ils
n'en gardent pas moins bonne conscience. Ne donnent-ils pas à
ces gens sans métier, 5 francs par jour ! ".
Sur le travail des enfants, p. 136
30 ans après la loi interdisant le travail des enfants,
le curé de La Viste écrit au Préfet pour
lui faire part de la situation :
" La Viste, le 4 octobre 1872
Monsieur le Préfet,
Il y a en France une loi pour protéger
les animaux contre la brutalité de leurs conducteurs, mais
pourquoi n'y en a-t-il pas qui protège l'enfant contre
la rapacité des parents et des industriels qui l'exploitent
impitoyablement ?
Dans les usines de briques de l'Estaque, Saint Henri, Saint André,
et peut être ailleurs encore, on fait travailler une foule
d'enfants dont l'âge varie entre 9 et 12 ans ou 13 ans.
Les filles et les garçons ne sont pas toujours séparés,
et ces enfants si jeunes sont condamnés au travail de cinq
heures du matin à sept heures du soir . Ils font le travail
d'un bon ouvrier, épuisant leur santé, se privant
du bienfait d'une instruction qui leur est encore nécessaire,
font presque toujours mal leur première communion, faute
d'une préparation suffisante, prennent des habitudes très
vicieuses et finissent par être de très mauvais sujets
et cela pour gagner de 20 à 30 sous par jour. Les parents
et les patrons y trouvent leur compte, mais les enfants sont sacrifiés
moralement et physiquement, c'est un véritable assassinat
"
" Le prêtre passe sous silence la terrible situation
des quelque 300 mendits qui, dès l'âge de 8 ans,
" dans les sous-terrains humides où jamais la lumière
solaire ne pénètre et où l'air se renouvelle
difficilement " tirent, en rampant, les chariots au moyen
d'une courroie qui leur passe entre les jambes comme une martingale,
tandis que d'autres hissent des couffins de 15 kilos par des boyaux
inclinés à 45 degrés qu'ils grimpent à
quatre pattes en s'aidant de deux petits bâtons très
courts " pour égaliser la longueur des membres antérieurs
par rapport aux membres postérieurs ".
Le préfet n'ignore rien de cela, mais il s'en tient aux
termes de la loi qui ne concerne que les établissements
employant plus de 20 ouvriers et, en conséquence, il ne
se préoccupe point du grand nombre d'enfants en bas-âge
qu'emploient les cordiers pour tourner leur roue, ni de la multitude
de jeunes filles qui travaillent dans l'atmosphère trouble
des gargotes et des cabarets. "
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Règlement intérieur des
Mines de l'Est sur la période 1863-1872
1- Respect de Dieu, propreté et
ponctualité sont les règles d'une maison bien ordonnée.
2- Dès maintenant, le personnel sera présent de
6 heures du matin à 6 heures du soir. le dimanche est réservé
au service religieux. Chaque matin, on dit la prière dans
le bureau principal.
3- Chacun est tenu de faire des heures supplémentaires
si la Direction le juge utile.
4- L'employé le plus ancien est responsable de la propreté
des locaux. Les plus jeunes s'annoncent chez lui 40 minutes avant
la prière et sont également à sa disposition
en fin de journée.
5- L'habillement doit être simple. Le personnel ne doit
pas se vêtir de couleurs claires et doit porter des bas
convenables. il est interdit de porter des caoutchouc et mentaux
dans les bureaux car le personnel dispose d'un fourneau. Exception
sera faite en cas de mauvais temps pour les foulards et chapeaux.
On recommande en outre d'apporter chaque jour, pendant l'hiver,
quatre livres de charbon.
6- Il est interdit de parler pendant les heures de bureau. Un
employé qui fume des cigares, prend des boissons alcooliques,
fréquente des salles de billard ou des milieux politiques
est suspect quant à son honneur, son honnêteté
et sa correction.
7- Il est permis de prendre de la nourriture entre 11 heures 30
et 12 heures. Toutefois, le travail ne doit pas être interrompu.
8- Devant la clientèle, la Direction et les représentants
de la presse, l'employé témoignera modestie et respect.
9- Chaque membre du personnel a le devoir de veiller au maintien
de sa santé. En cas de maladie, le salaire ne sera pas
versé. On recommande à chacun de mettre une bonne
partie de son gain de côté afin qu'en cas d'incapacité
de travail et dans sa vieillesse, il ne soit pas à la charge
de la collectivité.
10- Pour terminer, nous attirons votre attention sur la générosité
de ce nouveau règlement dont nous en attendons une augmentation
considérable du travail.
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Règlement intérieur 1889
1- Piété, propreté
et ponctualité font la force d'une bonne affaire.
2- Notre firme ayant considérablement réduit les
horaires de travail, les employés de bureau n'auront plus
à être présents que de 7 heures du matin à
6 heures du soir et ce les jours de semaine seulement.
3- Des prières seront dites chaque matin dans le grand
bureau. Les employés de bureau y seront obligatoirement
présents.
4- L'habillement doit être du type le plus sobre. Les employés
de bureau ne se laisseront pas aller aux fantaisies des vêtements
de couleurs vives ; ils ne porteront pas non plus de bas à
moins que ceux-ci ne soient convenablement raccommodés.
5- Dans les bureaux, on ne portera ni manteau, ni pardessus. Toutefois,
lorsque le temps sera particulièrement rigoureux, les écharpes,
caches-nez et calottes seront autorisés.
6- Notre firme met un poêle à la disposition des
employés de bureau. Le charbon et le bois devront être
enfermés dans un coffre destiné à cet effet.
Afin qu'ils puissent se chauffer, il est recommandé à
chaque membre du personnel d'apporter chaque jour quatre livres
de charbon durant la saison froide.
7- Aucun employé de bureau ne sera autoriser à quitter
son poste de travail sans la permission de Monsieur le Directeur.
Les appels de la nature sont cependant permis et pour y céder,
les membres du personnel pourront utiliser le jardin au dessous
de la seconde grille. Bien entendu, cet espace devra être
tenu dans un ordre parfait.
8- Il est strictement interdit de parler durant les heures de
bureau.
9- La soif de tabac, de vin ou d'alcool est une faiblesse humaine
et, comme telle, est interdite à tous les membres du personnel.
10- Maintenant que les heures de bureau on été énergiquement
réduites, la prise de nourriture est encore autorisée
entre 11 heures 30 et midi, mais en aucun cas le travail ne devra
cesser durant ce temps.
11- Les employés de bureau fourniront leurs propres plumes.
Un nouveau taille plume est disponible sur demande chez Monsieur
le Directeur.
12- Un senior désigné par Monsieur le Directeur
sera responsable du nettoyage et de la propreté de la grande
salle ainsi que du bureau directorial. Les juniors et les jeunes
se présenteront à Monsieur le Directeur quarante
minutes avant les prières et resteront après l'heure
de la fermeture pour procéder au nettoyage. Brosses, balais,
serpillières et savons seront fournis par la Direction.
13- Augmentés dernièrement, les nouveaux salaires
hebdomadaires sont désormais les suivants : Cadets (jusqu'à
11 ans) : 0.50 F ; Juniors (jusqu'à 14 ans) : 1.45 F ;
Jeunes : 3.25 F ; Employés : 7.50 F ; Seniors (après
15 ans de maison) : 14.50 F
Les propriétaires reconnaissent
et acceptent la générosité des nouvelles
lois du travail, mais attendent du personnel un accroissement
considérable du rendement en compensation de ces conditions
presque utopiques.
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Règlement intérieur pour les fileuses logées
(Saint-Jean du Gard) - FIN XIXème siècle
Article 1 : Les fileuses doivent obéissance
et soumission aux personnes chargées de les surveiller,
tant à la maison qu'à la filature.
Article 2 : Au premier coup de sirène,
c'est-à-dire à 5 heures et demie du matin, les fileuses
devront se lever et procéder à leur toilette afin
d'arriver à la filature 5 minutes avant le commencement
du travail c'est-à-dire six heures précises.
Article 3 : Il est expressément
défendu de manger ou de garder des comestibles dans le
dortoir, qui doit être tenu dans un état de propreté
absolu. Toutes les semaines, deux ouvrières seront désignées,
à tour de rôle par la surveillante, pour balayer
les locaux et vider les eaux sales.
Article 4 : Les fenêtres des dortoirs
devront être tenues ouvertes pendant la journée ;
les lits seront découverts pour permettre l'aération
de la literie jusqu'à huit heures du matin.
Article 5 : Pendant le repos du matin,
de 8 à neuf heures, chaque ouvrière devra faire
son propre lit et secouer avec soin les draps et couvertures.
Article 6 : Pendant les repos, les ouvrières
peuvent se promener et se distraire dans la cour attenant à
leur logement ; elles ne doivent aller en ville que pour faire
les achats qui leur sont indispensables, après en avoir
obtenu l'autorisation de leur surveillante.
Article 7 : Il est absolument défendu
d'aller en ville la nuit sous aucun prétexte. La porte
de la maison donnant sur la rue sera fermée à 6
heures l'hivers, à 8 heures l'été, celles
donnant sur la cour à 8 heures l'hiver, à 9 heures
l'été. Celles qui, après les heures indiquées,
iraient en ville sans autorisation préalable de Monsieur
le Directeur, seraient congédiées et perdraient
leur droit au voyage aller et retour.
Article 8 : Conformément à
l'article 7 ci-dessus, seraient aussi renvoyées les ouvrières
qui se feraient remarquer par une tenue et une conduite peu convenable.
Article 9 : Après 9 heures du soir,
les lumières seront éteintes, tant au dortoir qu'au
réfectoire et les ouvrières devront être couchées
et garder le silence.
Article 10 : Les ouvrières doivent
assister aux offices le dimanche et les jours fériés.
Article 11 : Toute infraction au nouveau
règlement sera sévèrement réprimée
soit par une amende, une corvée supplémentaire ou
une exclusion.
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