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14 - Où l'on parle de la notion d'entité économique autonome (Cass. soc., 18 juillet 2000, n° 98-18.037 P + B) |
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Le 18 juillet 2000, la chambre sociale de la Cour de Cassation a rendu un arrêt important sur la portée des dispositions de larticle L 122-12 du code du travail. Laffaire est connue puisquelle concerne la société PERRIER et, plus précisément, son établissement de VERGEZE. Comme un grand nombre de structures industrielles et commerciales, la société PERRIER souhaite se recentrer sur son métier et sous-traiter à dautres entreprises les activités satellites. Cest le cas de latelier de fabrication des palettes destinées au transport des bouteilles de la marque qui est concerné. La trentaine de salariés affectés sopposent à cette décision et ses conséquences : en application de larticle L 122-12 al. 2 du Code du travail, la modification dans la situation juridique de lemployeur doit entraîner le transfert de leurs contrats de travail. En dautres termes, la vente de lactivité palette à un repreneur doit entraîner le transfert de leurs contrats chez ce nouvel employeur. Ils cesseront de bénéficier du « statut collectif Perrier » (groupe Nestlé) pour être soumis au statut collectif de la petite société repreneuse. Les salariés saisissent la justice pour obtenir la non application de l'article L 122-12 du Code du travail dans une telle situation et du même coup, demeurer au sein de lentreprise PERRIER. Cest précisément dans cette saisine que réside la particularité de laffaire : larticle L 122-12 a été prévu par le législateur pour protéger les salariés et assurer le maintien des contrats de travail quel que soit le devenir de la structure qui les emploie. Au cas particulier, les salariés revendiquent pour les raisons précitées la non application de ce mécanisme protecteur. Les juges de la Haute cour confirment la position de la Cour dAppel de Nîmes et décident que le service objet de lexternalisation « nétait quun simple démembrement des services centraux de lentreprise, ne disposait pas au sein de létablissement de Vergèze dune autonomie, tant dans ses moyens en personnel que dans lorganisation de sa production ( ), ne disposait pas de moyens particuliers tendant à des résultats spécifiques et à une finalité économique propre ». En retenant que latelier fabrication de palettes de la société Perrier ne constitue pas une entité économique autonome susceptible dêtre transférée par le jeu de larticle L 122-12, la Cour de cassation fait plus que donner gain de cause aux salariés. Dans un premier temps, en effet, elle poursuit sa définition de la notion dentité économique autonome en la calquant sur le droit communautaire. Dans un second, elle délivre un message aux entreprises qui souhaitent externaliser une partie de leur activité : si la pratique nest pas directement condamnée par la Cour de cassation, elle ne sen trouve pas moins sévèrement encadrée puisque faute de pouvoir prouver que lactivité visée constitue une entité économique autonome, les contrats de travail affectés à cette activité devront sans nul doute demeurer au sein de la société. En pratique, l'examen des circonstances réelles dans lesquelles l'activité est transférée s'avère plus que jamais primordial. |
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